Un parcours international entre enseignement et recherche
Bonjour Chiraz, qui êtes-vous en quelques mots ? Pouvez-vous présenter votre parcours ?
Je suis Chiraz Trabelsi, maîtresse de conférences en mathématiques appliquées, spécialisée en probabilités.
Mon parcours est assez international. J’ai commencé mes études en Tunisie, avant de poursuivre mon doctorat en mathématiques à la Bergische Universität Wuppertal, en Allemagne. J’ai ensuite poursuivi mes activités d’enseignement et de recherche en Allemagne, puis à l’Université d’Angers en tant que post-doctorante. En 2020, j’ai rejoint l’Université de Mayotte en tant que maîtresse de conférences.
Ces années à Mayotte ont été particulièrement riches, aussi bien sur le plan professionnel qu’humain. J’y ai développé mes activités d’enseignement et de recherche, tout en m’investissant dans différentes responsabilités collectives. J’ai notamment été coordinatrice de la licence de mathématiques générales, puis directrice du département Sciences et Technologies, ainsi que membre élue du conseil académique, de la commission de la recherche et de la CFVU. Ces différentes fonctions m’ont permis d’acquérir une vision plus large de l’enseignement supérieur, en travaillant à la fois sur les enjeux pédagogiques et scientifiques, mais aussi sur la structuration et l’évolution des formations.
Sur le plan de la recherche, mes travaux se situent principalement à l’interface des probabilités, des processus stochastiques et de la statistique. Initialement, je me suis beaucoup intéressée aux modèles stochastiques et à leurs applications en finance. Au fil de mon parcours et des collaborations, mes recherches se sont progressivement ouvertes à des problématiques plus interdisciplinaires, notamment autour de la modélisation de phénomènes environnementaux et, plus largement, de l’utilisation des outils probabilistes et statistiques pour répondre à des problématiques issues d’autres disciplines.
Une nouvelle étape tournée vers les mathématiques appliquées
Pourquoi avoir choisi de rejoindre l’Ensimag ? Comment avez-vous appréhendé la rentrée ?
Rejoindre l’Ensimag représente pour moi une nouvelle étape, à la fois scientifique et pédagogique, mais aussi une évolution naturelle dans mon parcours.
Pendant mes six années à Mayotte, j’ai été très investie dans une formation assez généraliste en mathématiques, en accompagnant notamment les étudiant·es vers le CAPES ou une poursuite en master. Cette expérience a été très enrichissante, mais j’avais envie d’évoluer dans un environnement davantage tourné vers les mathématiques appliquées et plus directement en lien avec mes thématiques de recherche.
L’Ensimag répond pleinement à cette envie, avec une place importante accordée aux probabilités, à la statistique, à l’informatique et à la science des données. C’est aussi pour moi l’occasion d’enseigner les probabilités et la statistique en mettant davantage en avant leurs applications, tout en développant de nouvelles collaborations à l’interface entre probabilités, données et modélisation. J’aborde donc cette rentrée avec beaucoup d’enthousiasme et de curiosité. Il y a naturellement beaucoup de choses à découvrir dans un nouvel environnement, aussi bien sur le plan pédagogique que scientifique, mais c’est justement ce qui rend cette nouvelle étape stimulante. J’ai envie de prendre progressivement mes repères, d’échanger avec mes nouveaux collègues et de construire de nouveaux projets, aussi bien en enseignement qu’en recherche.
Qu’est-ce qui vous enthousiasme le plus dans cette nouvelle aventure ?
Ce qui m’enthousiasme le plus, c’est la possibilité de développer de nouvelles collaborations, aussi bien en enseignement qu’en recherche, et de m’ouvrir à de nouvelles thématiques, notamment à travers des collaborations avec le monde de l’industrie.
J’apprécie particulièrement les mathématiques lorsqu’elles permettent de répondre à des problématiques concrètes. Mon parcours m’a ainsi amenée à travailler dans des domaines très variés, comme la finance, l’assurance, l’épidémiologie, l’environnement ou encore l’analyse de données, avec une ouverture de plus en plus interdisciplinaire. J’aimerais poursuivre cette ouverture interdisciplinaire et explorer de nouveaux champs d’application, notamment en lien avec les données et les problématiques issues du monde industriel.
Je trouve également très stimulante l’évolution de l’offre de formation à l’Ensimag, qui permet à l’élève de construire des parcours plus diversifiés et en phase avec les évolutions du monde professionnel. C’est une belle opportunité pour faire évoluer les enseignements, créer des passerelles entre différentes disciplines et mieux articuler la formation avec les problématiques actuelles du monde professionnel.
Qu’aimeriez-vous transmettre à vos étudiant·es ? Avez-vous un conseil à leur donner ?
J’aimerais avant tout leur transmettre le goût des mathématiques et leur montrer qu’au-delà des formules et des calculs, elles constituent un outil puissant pour comprendre, modéliser et résoudre des problèmes concrets.
Le conseil que je pourrais leur donner serait de ne pas avoir peur de chercher, de se tromper et de poser des questions. On apprend beaucoup en essayant, y compris lorsque la première approche ne fonctionne pas. J’aimerais également les encourager à rester curieux et à ne pas hésiter à faire des liens entre les différentes disciplines. Les mathématiques prennent souvent tout leur sens lorsqu’on comprend comment elles peuvent dialoguer avec l’informatique, les sciences ou encore des problématiques issues du monde professionnel. La curiosité et la persévérance sont, à mon sens, essentielles pour progresser et construire son propre parcours.
Avez-vous une anecdote supplémentaire pour apprendre à mieux vous connaître ?
Mon parcours m’a amenée à vivre et à travailler dans des environnements très différents : en Tunisie, en Allemagne, à Angers, à Mayotte et maintenant à Grenoble. Chaque expérience m’a apporté une nouvelle manière de voir l’enseignement, la recherche et le travail collectif.
Après six années passées à Mayotte, entre climat tropical et beauté exceptionnelle du lagon, me retrouver au cœur des montagnes grenobloises représente un changement de décor assez radical ! Je passe en quelque sorte du lagon aux montagnes… et j’ai maintenant hâte de découvrir cette nouvelle région, aussi bien professionnellement que personnellement.
Merci Chiraz !