Bonjour Thomas, pourquoi avoir choisi d'effectuer une mobilité internationale ?
Une expérience à l’étranger est obligatoire pour valider le diplôme d’ingénieur de Grenoble INP - Ensimag, UGA et j’ai toujours voulu vivre un Erasmus qui est une expérience unique, qui ouvre à d’autres approches pédagogiques et à une nouvelle culture.
Quelle destination avez-vous choisie ?
L’Université de Vérone, en Italie, de mi-février à fin juin 2025, pour un semestre, avec des cours d’intelligence artificielle appliquée à la finance, de calcul stochastique, de méthodes de Business Analytics et de modélisation numérique. J’ai pu partir grâce au programme Erasmus+, qui m’a permis d’intégrer l’Université de Vérone en tant qu’étudiant en échange. L’inscription administrative et le choix des cours se sont déroulés avec l’appui des bureaux internationaux de l’Ensimag et de l’Università di Verona ainsi que de l’association étudiante ESN Verona pour l’intégration sociale.
Avez-vous bénéficié d'une bourse pour votre séjour Erasmus ?
Mon séjour a été financé par plusieurs aides : la bourse Erasmus+, la bourse de la Région Auvergne-Rhône-Alpes, ainsi qu’une bourse spécifique du ministère car je suis boursier, en plus de ma bourse CROUS habituelle. De plus, j’ai choisi de me rendre à Vérone en voiture : la ville n’étant qu’à environ 500 km, cela s’est révélé très pratique pour le déménagement et pour voyager sur place.
Comment s'est passée votre installation à Vérone ?
Sur le plan pratique, je n’ai eu besoin d’aucun visa, seulement du codice fiscale pour certaines démarches. J’ai trouvé un logement via un groupe Facebook d’un site étudiant (ISU Verona) et j’ai partagé mon quotidien en colocation avec quatre autres étudiantes étrangères. Mes journées étaient rythmées par les trajets à vélo en libre-service, les soirées Erasmus, les voyages organisés, les découvertes culinaires locales… et bien sûr, la pratique de mon instrument de musique, la mandoline, dans son pays d’origine.
Sur le plan académique, les cours étaient plus magistraux et autonomes qu’en France. J’ai suivi à la fois des matières proches de celles de l’Ensimag (calcul stochastique, modélisation numérique), utiles pour ne pas perdre le fil à mon retour, et des cours nouveaux et passionnants (intelligence artificielle appliquée à la finance, Business Analytics). Les premiers étaient exigeants et parfois très difficiles et les seconds m’ont beaucoup plu et ont élargi ma vision sur mon futur projet professionnel.
Sur le plan humain et culturel, Vérone a été une ville idéale : à taille humaine, mais riche en histoire et en vie étudiante. Grâce à l’ESN et aux voyages organisés (Toscane, Sicile, Venise…), j’ai rencontré des étudiants venus du monde entier. L’ambiance Erasmus, les soirées, et les moments simples comme boire un spritz au coucher du soleil ont forgé de nombreux souvenirs. Aujourd’hui encore, je garde de véritables amis de cette expérience.
Enfin, en tant que musicien (statut artiste de haut niveau à l’Ensimag), ce séjour m’a permis de renouer avec les racines italiennes de la mandoline, d’échanger avec des musiciens locaux, de jouer sur le célèbre balcon de Juliette, au-dessus des touristes venus admirer ce mythique emblème de Vérone, et même de me produire au conservatoire de Naples aux côtés de grands artistes.
Quel impact cette mobilité a eu sur votre parcours ?
J’ai enrichi mon bagage académique en finance et en mathématiques appliquées, tout en découvrant de nouvelles méthodes pédagogiques. J’ai également gagné en ouverture d’esprit, en autonomie et en adaptabilité. Vivre et étudier dans un environnement multiculturel m’a appris de mieux communiquer, de comprendre d’autres manières de penser et à être flexible.
D'un point de vue professionnel, cette expérience a confirmé mon intérêt pour l’international et m’a donné envie de poursuivre une carrière tournée vers la finance quantitative et l’IA, dans des environnements multiculturels et innovants.
D'un point de vue personnel, j’ai renforcé ma capacité à allier rigueur professionnelle et passions personnelles, en trouvant un équilibre entre mes études et la musique. Avant de partir, j’avais la crainte de ne pas réussir à être moi-même à cause de la barrière de la langue, de ne pas pouvoir faire de blagues ou rester naturel dans mes échanges. Finalement, tout s’est très bien passé : je me suis senti à l’aise dès le début, et la langue n’a jamais été un obstacle pour créer de vraies affinités.
Vous êtes artiste de haut niveau (AHN), pouvez-vous nous parler de votre expérience ?
La mandoline étant un instrument emblématique de l’Italie, j’ai pu donner une dimension artistique à mon Erasmus : rencontrer des musiciens locaux, participer à des sessions musicales, et explorer l’héritage culturel de la mandoline. Cette dimension a favorisé mon intégration dans un cercle différent de celui des étudiants Erasmus, et m’a permis de vivre ma mobilité au-delà du cadre universitaire. À ma connaissance, il n’existait pas de dispositif AHN en Italie, mais j’ai globalement bénéficié de plus de temps libre qu’à l’Ensimag. Je m’organisais bien pour en profiter, ce qui m’a permis de réaliser de grands voyages, notamment à Naples (au Conservatorio di Musica Giuseppe Martucci Salerno) où j’ai pris des cours de mandoline avec un maestro pendant une semaine. En parallèle, je pouvais rattraper les cours assez facilement, car les professeurs mettaient généralement leurs notes et supports en ligne sur la plateforme Moodle de l’université.
En résumé, mon Erasmus à Vérone a été une expérience complète : académique, culturelle, humaine et artistique. J’en ressors grandi, plus ouvert et mieux armé pour la suite de mon parcours.
Un des grands avantages d’un long voyage entouré d’étudiants internationaux est que chaque jour devient une occasion spéciale : nous avons pu profiter du carnaval de Venise, célébrer la Saint Patrick avec les Irlandais, fêter les fêtes nationales italienne, norvégienne et bien d’autres encore. Ces moments partagés ont marqué mon séjour de souvenirs uniques.
Si vous passez à Vérone en été, je recommande vivement d’assister à un opéra dans l’arène de Vérone, toujours en activité (contrairement à celle de Rome par exemple). C’est une expérience unique que de voir un opéra dans l’un des plus anciens théâtres du monde.
Merci Thomas !
Thomas jouant de la mandoline sur le mythique balcon de Juliette (Casa di Giulietta di Verona)